L’excision : c’est quoi ?

Définition :
L’excision consiste à enlever à une fille une partie de son sexe. On lui coupe de manière plus ou moins importante le clitoris et les petites ou les grandes lèvres.

L’excision fait partie des mutilations sexuelles ou génitales féminines. Elle est considérée comme une violence dans de nombreux pays.

Voici quelques dessins pour comprendre ce que cela signifie vraiment :

Quelles sont les conséquences de l’excision sur les filles et les femmes ?

Les conséquences sont très graves et jamais bénéfiques : ces opérations ont lieu le plus souvent dans de mauvaises conditions d’hygiène avec un outil (couteau, lame, rasoir) pas désinfecté, sans anesthésie et en utilisant la force. En plus d’être douloureuse et traumatisante, l’excision peut être à l’origine d’infections et de saignements parfois mortels.

Puis, tout au long de leur vie, les femmes excisées risquent de multiples infections, peuvent attraper plus facilement des infections sexuellement transmissibles (VIH-sida, herpès…) et connaitre de graves complications lors d’un accouchement. Elles peuvent connaitre également des rapports sexuels sans plaisir, voire douloureux. Enfin, chez certaines, l’excision est si traumatisante qu’elle peut entrainer des angoisses, des pertes de mémoires ou d’autres troubles divers.

Les filles et les femmes sont-elles protégées par la loi contre l’excision ?

L'excision est interdite et punie par la loi dans la plupart des pays du monde.
En France et en Belgique, les mutilations sexuelles féminines notamment l’excision et l’infibulation sont un crime puni par la loi. La loi protège tous les enfants qui vivent sur le territoire français, quelle que soit leur nationalité, même si les mutilations sexuelles féminines sont commises lors d’un voyage à l’étranger. Ces pratiques sont interdites et sévèrement punies.

Où cela se passe-t-il ?
Dans le monde 6 filles sont excisées chaque minute, cela concerne tous les continents et une multitude de pays.

Voici une carte du monde qui recense tous les pays
où l’excision est pratiquée.

. Proportion de femmes qui ont subi ume mutilation sexuel (MSF) Proportion de femmes qui ont subi ume mutilation sexuel (MSF)

L’excision est surtout pratiquée en Afrique, au Moyen–Orient et dans certains pays d’Asie (Malaisie, Indonésie, Thaïlande, Inde, Pakistan), mais elle existe également en Amérique du Sud (Colombie, Pérou). Vivre en Europe, en Australie, au Canada ou aux Etats-Unis ne protège pas les filles et les femmes de l’excision. En effet, dans ces pays l’excision n’est pas une tradition mais elle peut être pratiquée par certaines familles. C’est ainsi par exemple, que des jeunes filles françaises et belges sont excisées durant les grandes vacances pendant un voyage dans le pays d’origine de leurs parents.

Quelques chiffres pour t’éclairer :
en France on compte 60 000 femmes excisées,
13 000 en Belgique, 500 000 sur le territoire européen et surtout
180 000 filles qui risquent chaque année d’être excisées en Europe !

Tu penses que tu pourrais faire partie de ces jeunes filles ?
Qu’une amie, voisine, cousine, sœur est à risque ?

?

En France, les mutilations sexuelles féminines notamment l’excision et l’infibulation
sont un crime puni par la loi qui protège tous les enfants qui vivent sur son territoire.

Pourquoi excise-t-on les filles ?

L’excision est une tradition dans de nombreux pays. C’est-à-dire que les familles ont l’habitude de faire ça depuis des générations, depuis plus de 2000 ans ! Et comme elles en ont l’habitude, elles continuent à le faire parce qu’elles pensent qu’il faut respecter les traditions. Malheureusement certaines traditions sont néfastes.

Quelles que soient les raisons invoquées, on excise pour contrôler la sexualité des filles et des femmes. N’oublie pas que ton corps t’appartient. N’oublie pas non plus qu’il est conçu pour ressentir du plaisir sexuel.

Attention l'excision n'est absolument pas imposée, exigée,
ni conseillée par les religions, c'est une coutume.
Aucun texte religieux ne mentionne l’excision. C’est une tradition néfaste
et très dangereuse pour la santé des filles et des femmes.

Pour aller plus loin : www.excisionparlonsen.org

Témoignages

« Les vacances en Guinée : toute joyeuse, pour la première fois, avec ma sœur aînée, nous allions découvrir : le soleil, la mer et la plage durant les grandes vacances, de quoi rendre jalouses les copines au retour ! Mais les vacances se sont transformées en cauchemar. Nous avons été excisées avec nos cousines chez notre grand-mère. Une femme nous a tenu les jambes, une seconde nous écrasait la poitrine pour nous empêcher de crier et une troisième tranchait à vif dans les chairs. Je n’oublierai jamais les cris, en particulier de ma sœur, qui depuis est handicapée mentale ».

(L’histoire de F., née en France et partie à 12 ans en Guinée-Conakry).

« Ma grand-mère m’a conduite chez l’exciseuse, une vieille femme effrayante. Je me rappelle en particulier des soins post « excision », le beurre de karité, mélangé aux cendres et le fait d’uriner dans un seau d’eau pour atténuer la douleur ».

(L’histoire de M., née en France et confiée à sa grand-mère, au Sénégal).